Le body painting

body painting

La civilisation humaine est passée par différentes étapes avant d’aboutir aux types de sociétés modernes connues aujourd’hui. Autrefois guerrier enhardi et chasseur hors pair habitué à vivre en milieu hostile, l’homme est devenu un être sédentaire qui vit à un tout autre rythme : celui de la course contre la montre quotidienne, métro-boulot-dodo.

S’il a perdu avec les millénaires son aspect bestial du début, l’homme moderne garde néanmoins un héritage – même diffus – de son long passé tumultueux, à travers des coutumes et rites ancestraux qui résistent comme ils peuvent aux progrès de la technologie. Les peintures rupestres, découvertes dans des grottes situées aux quatre coins du monde, sont par exemple l’une des nombreuses reliques du patrimoine culturel mondial. Objets de curiosité et d’admiration collective, elles continuent de vivre à travers les autres formes de peinture contemporaines. Si les tableaux de maîtres exposés dans les musées ou galeries cossues sont les plus connues, il existe une autre forme de prolongement de l’art pictural d’antan : la peinture corporelle ou body painting. A découvrir ou à redécouvrir, cet art subtil qui oscille entre peinture et maquillage mérite largement le détour.

Le body painting – Un lourd passé historique

Le cadre et le mode de vie des premiers êtres humains étaient radicalement différents de ceux d’aujourd’hui. Ne disposant d’aucun confort ni d’aucune facilité particulière, l’homme des premiers âges devait la majorité de sa subsistance à la chasse et à la cueillette. Des clans se sont formés depuis la nuit des temps pour défendre un territoire et constituer les premières formes de collectivité humaine. La peinture corporelle est en premier lieu apparue pour servir de signe de reconnaissance entre les membres d’une même tribu, pour se distinguer des autres alliances. Ainsi analysée, le body painting a des origines politiques et identitaires fortes – sans bien sûr que ses créateurs en aient eu vraiment conscience.

Ensuite, la peinture corporelle a été utilisée successivement comme camouflage lors des parties de chasse endiablées qui meublaient les journées de ces pittoresques ancêtres, comme parure lors des évènements importants de chaque caste – rites de passage, mariage ou enterrement – puis comme peinture de guerre, quand les premières rivalités apparurent. Véritable outil socioculturel, mais aussi ethnographique, le body painting a également été l’une des premières formes d’expression plastique expérimentée par le genre humain.

L’histoire de la peinture corporelle est impressionnante dans le sens où ses premiers utilisateurs n’ont pas eu de laboratoire sophistiqué, ni d’outils perfectionnés pour la réaliser. La majorité des matériaux utilisés était d’origine végétale, minérale ou animale, dont les hommes extrayaient des pigments destinés à la création et à l’application de couleurs.

Les motifs et dessins étaient tracés au charbon de bois ou à l’aide de jus de baies colorées. Dans certaines tribus, les peintures corporelles – pour être plus impressionnantes – étaient associées à des scarifications ou des tatouages, qui étaient réalisés à vif, sans la moindre anesthésie. Ceci démontre que les premiers hommes étaient aussi créatifs et courageux – sinon plus – que ceux d’aujourd’hui, qui adoptent plus le body painting en tant qu’art et non plus en tant qu’instrument de socialisation.

Le body painting – Un présent riche en couleurs

Même si l’ère contemporaine est plus axée sur l’individualisme et la recherche de l’opulence, il existe des formations ou groupements humains pour qui le temps s’est figé. Ils continuent de pratiquer les rites et coutumes ancestrales, tout en menant en parallèle une existence « normale », survie oblige.

Que ce soit dans les îles du Pacifique, en Australie, en Afrique ou en Inde, la peinture corporelle continue d’exister dans son plus pur sens originel – même si les outils ont évolué et que souvent, les touristes soient les premières cibles visées. En Inde et au Maghreb par exemple, les femmes continuent de parer leurs mains de henné pour leur mariage, comme leurs ancêtres l’avaient fait des siècles auparavant. Et qui n’est pas impressionné par les peintures de guerre des îles Tonga ou Fidji, arborées en certaines occasions par les célèbres équipes de rugby locales ? Autant de preuves qui attestent de la vivacité de cette culture à une époque matérialiste et capitaliste.

En Occident, l’approche et la pratique de la peinture corporelle sont culturellement moins enracinées que celles des autres parties du monde. Ici, le clinquant et l’excentrique prédominent, avec un besoin d’affirmation de soi qui se traduit par des peintures osées ou des créations dénudées dissimulées derrière une bonne dose de peinture.

Le body painting a plus une vocation ludique et ornementale que véritablement identitaire. De nombreux festivals ont été initiés par les passionnés de cet art controversé et le plus célèbre d’entre-eux est sans aucun doute l’International Body Painting Contest qui se tient chaque année en Belgique. Des artistes du monde entier s’y retrouvent pour confronter leurs talents sur des modèles humains ambulants ou sur leur personne elle-même.

La mode s’est peu à peu répandue auprès des jeunes qui préfèrent pourtant les modèles réduits de body painting, comme les faux tatouages qui se glissent à des parties inédites du corps pour un effet provocateur certain.

Le body painting – Quelques conseils

Pour ne pas ruiner sa santé au nom de la passion de l’art, il est primordial d’utiliser des peintures spéciales – hypoallergéniques – pour s’adonner au body painting. Il faut se renseigner auprès des magasins spécialisés pour éviter toute mauvaise surprise. Quelquefois, il est même conseillé de consulter un médecin afin de mesurer la tolérance de l’épiderme à tel ou tel type de pigment. En effet, même le henné – qui apparaît pourtant comme l’un des produits les plus sûrs du marché – peut susciter de violentes réactions cutanées chez certains.

Ensuite, les faux tatouages ou autres tableaux doivent être appliqués sur une peau saine et propre pour éviter les maladies diverses qui peuvent survenir. Dès que la surface envisagée comporte un grain de beauté ou des boutons non identifiés, il faut éviter de la peindre car ils peuvent dégénérer en cancer de la peau. Enfin, le plus important est de bien stériliser les éléments métalliques qui peuvent être associés au body painting. Après, l’imagination et la créativité font le reste !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *